réflexions, pensées

Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 15:55

 

 

17 manières de prier sans en avoir l'air
Maurice BELLET
Utiles à ceux que devoir prier désespère

 

1
Marcher de long en large dans une église romane, belle, assez grande
Saint Philibert de Tournus par exemple
ou dans une église gothique
Chartres, Reims, Bourges
ou baroque, comme la Wieskirche
et ne penser à rien
rien du tout
laisser le regard errer
laisser la pierre chanter
laisser le lieu dire
et s'en aller, au bout d'un temps,
sans aucune hâte.
 
 2
Lire  un livre de forte pensée avec un désir fort de la vérité
sans avidité de savoir
sans prétention à disputer
mais par goût, par amour de la vérité
Ouvrir la porte profond à toute pensée qui vient et la laisser demeurer en paix
afin qu'elle vienne à porter son fruit.
 
3
ouvrir la sainte Écriture
ouvrir seulement le Livre
et partir en songerie
imaginer son propre livre
se raconter des histoires
laisser remuer ses propres vieux mythes
de cruauté, de triomphe, de sensualité, de désespoir,
d'amour, de charité avec le parfait narcissisme de ces choses-là
et lire, dans le texte,
deux mots.
 
4
Dire une demande du Notre Père
une seule,  une seule fois.
5
Se désoler infiniment de ne pas prier
gémir intérieurement tout le jour d'être incapable
de la moindre invocation
la moindre lecture
pas même de l'évangile
d'être là froid, sec, absent
et heureux ailleurs
sans Dieu, sans Christ, sans tout ça et en souffrir
et décider enfin de s'en remettre là-dessus à Dieu et attendre, hors de toute pensée.
 
6
Dormir
et le coeur veille.
7

Comme un petit enfant

dire des choses à Dieu
prière, supplication, rage ou tendresse regret ou jubilationça échappe
on ne s'en aperçoit même pas sinon quelquefois après coup.
Celui qui parle ainsi en nous est l'enfant toujours à l'aurore de la vie naïf comme la volonté divine.

8
Converser de choses et d'autres et soudain il se fait sans mon Dieu qu'on l'ait voulu qu'on se met à parler de l'essentiel la vie, la mort, l'avenir de l'humanité l'amour, la vérité
Dieu peut-être, et peut-être pas, la religion chrétienne, les grands chemins de l'homme
On en parle les uns aux autres, sans haine, sans controverse, sans passion basse, mais parce que cela importe plus que tout le reste
et qu'on en parle si peu souvent
et dans la conversation celui qui en Jésus Christ
laisse passer quelque chose de l'Annonce pas tant parce qu'il s'y croit obligé que parce qu'il est comme ça, c'est en lui, sa parole porte la Parole
et il arrive que quelqu'un écoute et le fond du cœur est ouvert.
 
9
ouvrir la Sainte Écriture
et ça y est !
Ce n'est pas un livre, ce n'est pas le Livre,
c'est le lieu de la Parole qui s'entend par-delà les mots
rêve sans rêve en marge du texte en son milieu
résonance à travers toutes les épaisseurs de la vie
fontaine dont la source est invisible
pensées, images, paroles
mouvements sobres du cœur
la Lettre est nécessaire
l'esprit vacar le sens de l'Écriture, c'est la vie sauve.
10
Désirer, désirer désespérément
désirer jusqu'à la douleur et la détresse
jusqu'au grand vide amer
désirer que ce soit autrement
désirer la fin des cruautés
des folies, de la bêtise, de l'abject,
désirer la gaieté, la lumière, la tendresse
avoir si faim, avoir si soif
du monde différent
et de soi-même différent.
 
11
Ecrire
par plaisir, par goût, pour voir
écrire pour écouter ce que le bruit ordinaire recouvre ou embrouille
y compris le bruit des mots
Laver les mots jusqu'à ce qu'ils soient
tout purs et ronds et lisses
ou bien aller par les chemins foisonnants
ou bien refaire, indéfiniment refaire
pour approcher un peu plus ce qui manque et insiste
écrire pour aller vers le point là-bas
qui communique avec l'au-dessus et l'en-deça de tout mot.
1
2
Ecouter la musique
La Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach par exemple
spécialement Incarnatus, Crucifixus, Resurrexit
ou bien autre chose
pas nécessairement de la musique religieuse
mais écouter dans la profondeur
écouter le chant du nouvel Orphée présent
à toute musique humaine
incarnation, crucifixion, jubilation
Si l'on peut, chanter soi-même et jouer de l'instrument,
c'est encore mieux !
1
3
se tenir dans la paix
qui est l'harmonie des puissances
au-delà (certes) du tourbillon
au-delà de l'abstention sereine
au-delà de l'abandon volontaire des héros
dans l'harmonie des puissances
coïncidant avec la plus humble humilité
ceci, dans le médiocre des jours
sans hauteur, sans savoir et quelquefois sans grâce.
1
4
Sortir de l'église
quitter la célébration
parce qu'on ne supporte plus
parce qu'on ne peut plus rester à cause du trop d'intensité et de hauteur
de ce qui est censé se faire là
en contraste avec l'échec navrant de ce qui s'y passe en fait quitter sans scandale, sans contestation, avec tristesse et le désir endurant que se lève à nouveau
comment ? comment ?
la lumière du grand poème où s'inaugure toutes choses.
15
Douter, intensément douter de Dieu
quoi, il y aurait un Dieu bon et tout puissant
avec toute cette cruauté dans la nature
avec l'infernale cruauté humaine
les enfants crevants de faim, les exploités,
les névrosés, les abrutis, les alcooliques, tous les déchets humains ?
Elle est belle, l'image de Dieu !
Et qu'est-ce que Dieu
sinon la pauvre petite idée élaborée
sur la planète où nous sommes
rien, au sein de l'univers éclatant
vers des dimensions inimaginables
Objections, objections, agonie de Dieu
au cœur de l'homme de foi.
Il a répondu cent fois, mais il s'agit d'absence
Pauvre Dieu en agonie
comme son Verbe identique à Lui au jardin des oliviers
quand ses meilleurs amis dormaient...
Ce n'est donc pas si peu que de le veiller. En son agonie.
 
16
Ni les images, ni le texte,
ni le lieu ni l'heure
ni la parole qui sourd du cœur
ni la répétition lasse et attentive
pas même le silence
mais simplement le réel
terriblement réel et plat, les choses, la surface
la conversation sans but
les tâches, les loisirs,
manger, rêver, dormir
et la souffrance intolérable, indicible
tellement souffrante qu'on n'en souffre pas
l'attente nue de ce qui doit venir au monde
pour qu'il en soit sur la terre comme au ciel.
17
Travailler de ses mains
à des tâches ménagères, à la couture,
à son métier, à du bricolage
et faire taire la radio et tout le brouhaha intérieur
écouter ce qui parle sans mots
tandis que les mains s'occupent
et occupent la surface de l'âme.
Ou bien, conduire une automobile
très détendu, attentif, courtois
tandis que cette occupation laisse libre
une pensée sans pensée
qui mûrit d'ailleurs.

 


Par Kris - Publié dans : réflexions, pensées - Communauté : Textes à méditer
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 01:27

 

pardonner_1.jpg




Cela commence par une mauvaise interprétation d'un propos, une vexation, un malentendu, une accusation, parfois de grandes blessures. Certaines personnes arrivent à conserver une haine et une rancoeur indéracinables lorsqu'elles ont été offensées ou pensent avoir été offensées.

Une personne entretenant une telle rancune pense la plupart du temps être irréprochable.

Entretenir haine et  rancoeur vis-à-vis de quelqu'un, c'est avant tout entrer dans une relation de confrontation psychique et parfois physique où l'on veut garder à tout prix le pouvoir en continuant d'arranger à sa manière des évènements qui se sont passés.

On  a  " Sa Vérité "  mais souvent justement, elle n'est pas... "  La Vérité "

On établit alors un rapport de force

La rancoeur est un poison perfide, entretenant la face sombre d'un être, colère intérieure, tristesse, déprime, désir de vengeance, agressivité, jalousie, frustrations, inquiétude, mépris.

La personne qui entre dans un cycle aussi destructeur laisse son amertume ainsi qu'une sourde irritation s'installer dans son coeur pour très longtemps. Le plus souvent elle entretiendra cette situation en se nourrissant de ses émotions nocives, aimant en attiser le feu en les amplifiant.

Chacun sait aujourd'hui que ces émotions négatives iront lentement s'imprimer dans son corps physique, pouvant entraîner des troubles de santé importants (troubles du sommeil, anxiété, douleurs articulaires aigues, certains se fabriquant même un cancer) La rancoeur fait maintes fois plus mal à soi même qu'à celui qu'on veut atteindre.

On peut être surpris de l'intensité émotionnelle qu'apporte la rancune, qui repose plus sur le fait d'un dommage subi ou que l'on croit avoir subit.

La rancune est un fiel durable. L'agressivité et la colère lui servent de paravent.

Le ressentiment au contraire, résulte d'une expérience vécue comme une profonde injustice, d'une immense déception

Il existe une autre différenciation. La première est une position permanente, profondément ancrée en soi même. La seconde est un sentiment existant mais variable qu'on peut ranimer et alimenter au moindre souvenir à la moindre émotion qui nous traverse.

La rancune ne sait pas pardonner...  C'est une vraie " maladie " un vrai blocage qui s'installe dans la durée pour longtemps.  Il faut  beaucoup de lucidité, énormément de sagesse pour s'en sortir.

Dans la rancune se cachent les racines profondes de l'orgueil

Perception démesurée du moi, de son bon droit, auquel s'ajoute un grand  mépris de l'autre

La  personne  rancunière  ne  peut être  " intérieurement " que profondément solitaire

Pour une telle personne, si elle veut s'en sortir, moins souffrir, un long travail sera nécessaire pour identifier et comprendre les émotions destructrices qui l'animent, apprendre à les apprivoiser, comprendre ses propres motivations les plus secrètes, C'est la seule façon d'en guérir

Doucement elle pacifiera alors les choses et la dureté de l'ego passera à la bienveillance de la compassion

Lumineuses pensées à vous
                                  
Channel Kristina

Par Kris - Publié dans : réflexions, pensées - Communauté : Textes à méditer
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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 11:57

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup, il enrichit ceux qui le reçoivent sans appauvrir ceux qui le donnent.
Il ne dure qu'un instant mais son souvenir est parfois éternel.
Personne n'est assez riche pour s'en passer.
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter.
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires, il est le signe sensible de l'amitié.

Un sourire donne du repos à l'être fatigué.
Rend du courage aux plus découragés.
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler, car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si quelquefois vous rencontrez une personne qui ne sait plus avoir le sourire, soyez généreux, donnez-lui le vôtre. Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres...

texte de Raoul Follereau




Je vous souhaite une belle journée

Par Kris - Publié dans : réflexions, pensées - Communauté : broderies et papotages
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Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 21:40

                 Pour vous tous..
                  à lire et relire
      cliquez sur le lien bleu surligné

       et faites simplement avancer
                    les images

                                    se sentir fort




Par Kriss - Publié dans : réflexions, pensées - Communauté : Des mots contre des maux...
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 07:17

On pourrait croire qu'il s'agit là d'un échange mutuel.

Il n'en est rien.

Ce n'est ni une phrase de l'évangile, ni un précepte de philosophie ou de morale, mais l'ultimatum de l'égoïsme, la règle de la fausse charité !

Donne-t-on parce que l'on a reçu, ou donne-t-on pour recevoir ?

Peut-on donner sans recevoir ?

Que l'on parle d'amour, de sentiments, de don de soi pour des raisons humanitaires ou simplement humaines, de choses matérielles...  je réponds qu'on peut donner sans recevoir ou du moins en ayant l'impression de n'avoir rien reçu en échange.

Car tout ce que nous donnons de bon coeur nous est rendu, souvent au centuple, mais pas forcément comme nous nous attendons à recevoir.

Par manque d'amour, de références sur les liens parentaux ou amoureux, par manque d'argent ou de savoir, nous sommes les mieux placés pour ressentir le manque et les blessures que nous ont infligé ces causes.

C'est donc bien souvent ce ressenti qui nous permet de donner instinctivement, sans avoir reçu ce que nous pensons indispensable à l'épanouissement de l'autre ou des autres...

Faut-il donner pour recevoir ?

Je te donne ceci et tu me donnes cela, je t'apporte ceci et tu m'apportes cela, je te fais ceci et tu me fais cela... à priori cela semble un échange de bons procédés... pourtant il n'en est rien.

C'est plutôt une sorte de troc, de vil marchandage.  Satisfaire ses intérêts personnels et dans ces cas là, " donner " perd tout son sens.

Donner n'implique justement pas de recevoir en retour. C'est un acte gratuit par excellence. On ne devrait pas être en attente de quelque chose en retour.

C'est quand nous sommes dans cet état de désintéressement total que nous recevons à notre tour tout ce dont nous avons besoin et même bien plus...

Donner est avant tout un acte d'amour, c'est partager nos richesses, nos connaissances, notre affection, notre savoir.

Faire profiter les autres de ce que nous avons eu la chance d'avoir.


Je vous souhaite une belle journée


Par Kriss - Publié dans : réflexions, pensées - Communauté : BLOGS, en parler ...
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